IL Y A « Plaisir » ET « plaisir »… (selon la PPLP)

Ce matin, au Québec sur les bords du réservoir Baskatong où nous sommes venus en vacances visiter mon frère, je suis resté seul plus d’une heure à contempler le lever du soleil sur le lac, puis j’ai été faire une ballade, à mon rythme. Cela m’a procuré un Plaisir très profond, avec l’impression d’être « à ma place ». Plus tard, dans la matinée, j’ai lu pendant deux heures, non pas un roman, mais un livre sur le leadership positif. Et j’ai trouvé cela passionnant.
Pendant que je lisais, mon frère a emmené mon fils faire deux heures de quad dans les bois. Là ils sont rentrés bien fatigués et couverts de boue, mais le sourire de mon frère et de mon fils montait jusqu’à leurs oreilles : « papa, c’était génial ! » Et tandis que mon frère nettoyait l’engin sans effort apparent il me disait « on a eu bien du fun ! »…
Si mon fils avait été avec moi ce matin lors de ma contemplation, il aurait sûrement dit « quand est-ce qu’on bouge ? », mais moi je n’ai pas vu le temps passer; j’avais du Plaisir. Si mon frère avait dû lire un livre de business sur la terrasse du chalet, il se serait cru aux travaux forcés, mais moi j’aimais ça, j’avais du Plaisir ! Et si j’avais dû passer deux heures sur un quad dans les chemins boueux, je n’aurais eu qu’une seule idée en tête, « quand est-ce que ça s’arrête ?! » Tandis que mon fils et mon frère se disaient « pourvu que ça dure ! » supportant tous les inconforts avec un maximum de…Plaisir. Bref, chacun a pu faire ce qu’il aime faire, sans autre but que le Plaisir de le faire.
Le point commun de toutes ces activités de type « j’aime faire », différentes pour chacun selon nos tempéraments, c’est qu’elles nous ressourcent, nous nourrissent, nous donnent de l’énergie. Elles nous procurent du Plaisir avec un grand P, comme dans Passion, qui vient du cœur et des tripes. Ce sont nos motivations intrinsèques, qui montent de l’intérieur de nous, de manière inépuisable. C’est notre moteur à énergie libre…
Par contre, demain matin avant de partir, je vais devoir ranger le chalet. Pour être franc, je n’aurais aucun Plaisir à le faire…mais je le ferai pour faire plaisir à mon frère. Mon plaisir ne sera certainement pas dans l’action, mais uniquement dans le résultat. Car « il faut » bien ranger le chalet pour qu’il soit réutilisable par les suivants…qui nous en serons reconnaissants. Quant à mon frère, de temps en temps il se met lui aussi à lire un livre « ennuyeux » parce que c’est nécessaire pour son travail et que « il faut bien» en passer par là pour satisfaire ses clients ou son boss.
Le point commun de ces activités de type « il faut faire », différentes pour chacun de nous selon nos caractères, c’est qu’elles nous coûtent de l’énergie plus qu’elles ne nous en apportent. Et que pour pouvoir poursuivre, nous avons besoin de « passer à la pompe » régulièrement. Elles ne génèrent aucun plaisir intrinsèque. Le « plaisir » avec un petit « p » vient ici de l’extérieur de nous, c’est-à-dire du résultat obtenu et de la reconnaissance méritée. Ce sont nos motivations conditionnées, extrinsèques. « Passer à la pompe » signifie que nous avons besoin de réussite et de reconnaissance pour avoir l’énergie de poursuivre.
Mais la différence ne s’arrête pas là. Si c’est moi qui conduis le quad de mon frère, je vous garantis que ça ira beaucoup moins vite et que j’ai des chances de briser quelque chose. Nous ne sommes durablement performants que dans nos motivations intrinsèques, dans ce que nous aimons vraiment faire et qui nous procure un Plaisir profond.
Et nous, dans nos organisations et nos entreprises, faisons-nous suffisamment la différence entre les « j’aime» et les « il faut » ? Entre le Plaisir de faire et le plaisir du résultat ou de la reconnaissance? L’expérience montre que non.
Bien sûr, la vie professionnelle nécessite de satisfaire à de nombreux « il faut ». Mais l’expérience montre qu’il suffit de pouvoir être dans ses motivations intrinsèques au moins 25 à 30% de son temps de travail pour commencer à s’épanouir et devenir performant. Chaque fois que nous rééquilibrons la situation au profit de nos motivations intrinsèques, la performance se développe exponentiellement. Le Plaisir est un carburant détonant !
Il y a là un double gisement potentiel de Performance et de Plaisir :
- A notre niveau personnel, prenons davantage conscience de nos motivations intrinsèques, de ce qui nous anime, et tâchons d’y faire davantage de place. Pour faire nos choix, notre cerveau nous envoie un message très clair : du Plaisir avec un grand P. J’ai rencontré souvent des gens qui regrettaient de trop faire « ce que l’on attend d’eux », mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui regrettait de faire « ce qu’il aime »…
- Comme Manager-Leader, veillons à mettre les gens « à la bonne place », c’est-à-dire à leur faire faire prioritairement des tâches qui correspondent à leurs motivations intrinsèques. Car le Plaisir avec un grand P ne coûte rien et rapporte beaucoup. Ensuite, pour les inévitables tâches de type « il faut », notre rôle de manager est de favoriser les conditions de la réussite et de fournir de la reconnaissance tout au long du chemin qui mène à la performance. Bref de nourrir aussi les plaisirs avec un petit « p »
Pour plus de Performance, commençons donc par rééquilibrer les plaisirs et les Plaisirs, pour nous-mêmes et pour nos collaborateurs. Les vacances sont un bon moment pour y réfléchir…avec plaisir.
Patrick Goffart, PPLP Management international



